La liste des interdits (dire « non »: oui! Mais à quoi?)

Je discutais l’autre jour avec la belle-soeur de ma soeur (qui est quoi pour moi, au fait?…  ma belle-soeur-soeur? ou ma soeur-belle-belle?) et elle me disait que « taper » faisait partie de la liste des interdits. Son fils de trois ans n’a pas le droit de la taper, sinon il va au coin. Alors je me suis demandé quels étaient les autres comportements à inscrire sur cette liste. Comme la liste de naissance, c’est une liste à rallonge, qui ne cesse de s’agrandir au fur et à mesure que l’enfant grandit (ou plutôt qu’il désobéit). Et si, pour changer de registre, on la compare à la liste de Schindler, on peut se demander: qu’est-ce qui est grave, au fond?… Dessiner sur un mur? Taper du pied en criant et gesticulant? Jeter ses habits par terre?… On peut relativiser quand on compare au sort de ceux qui ne figuraient pas sur la liste d’Oskar. Finalement, les feutres sont lavables à l’eau, exprimer sa colère, ça permet de ne pas refouler, et les habits, il pourra toujours les ramasser quand il sera calmé.

Interdit=dangereux?
J’ai tendance à croire que seul ce qui est dangereux pour l’enfant doit être interdit: manger du sable, se pencher à la fenêtre, utiliser un objet coupant… Mais là encore, on peut s’interroger. Dolto dit qu’il faut apprendre dès que possible à l’enfant à se servir d’un couteau, à monter sur un escabeau, à porter un plateau avec des verres remplis ddolto, éducation‘eau…. qu’il est moins dangereux de lui apprendre à le faire que de lui interdire (car il n’aura qu’une envie, c’est de briser l’interdit, évidemment). J’ai testé avec ma fille et des tomates à couper… « Maman, je peux essayer?… Steup, steup! » (voir l’article « quelle langue parle nos enfants? »). Ses doigts sont devenus aussi rouges que les tomates. (Et oui, un couteau, ça coupe!… Mais, les doigts, c’est pas bon, en salade).
Et Françoise Dolto explique que tous ces interdits sont, par nature, temporaires et qu’il faut féliciter l’enfant quand il en transgresse un (sans se faire mal): « Je ne te croyais pas capable de faire cela, et tu l’étais! » L’enfant est parfois étonné, c’était défendu. C’est justement très important car, ce jour là, il comprend le sens éducatif de l’adulte. C’était « momentanément » interdit pour le protéger, un temps, de désirs qu’il ne pouvait assumer encore. » 
Pour elle, (et pour moi, et pour vous aussi, mais si, vous allez voir…) le seul interdit qui est, et reste permanent est celui de l’inceste. Ca remet les choses en place, non?… Je ne saurais que trop conseiller la lecture de ce livre, riche en conseils intelligents et subtils: Les étapes majeures de l’enfance.

Bon, alors, s’il n’y a plus qu’une seule chose interdite, ça nous fait pas une liste tout ça.
Qu’est-ce qu’on pourrait rajouter?… « Mordre » me répond ma belle-soeur par alliance (ça se dit, ça: « par alliance » même quand on n’est pas marié?). Mordre en soi, ce n’est pas grave, surtout si c’est une pomme. Mordre maman, c’est plus embêtant mais ce n’est pas véritablement dangereux pour l’enfant. (Sauf si maman a le sang chaud, et qu’elle lui retourne direct une bonne paire de claques – bien méritée, non mais, on n’est pas des cannibales quand même… Déjà qu’on a failli manger des bouts de doigts en salade!).
Alors, on interdit quoi, au juste? Seulement ce qui nous dérange? « Il est interdit de se plaindre, de se coucher tard, d’hurler dans la rue, de pleurer au restaurant, de crier au supermarché, de nous faire passer pour des mères indignes à la moindre occasion, de ne pas ranger sa chambre, de ne pas débarrasser la table, il est interdit de désobéir… »

Poser un cadre?
« De toute façon, c’est important d’interdire », me dit la belle-soeur de ma soeur. En effet, l’apprentissage du « non » est une étape importante dans le développement de l’enfant, ça pose un cadre, ça établit des limites et surtout ça sécurise, nous expliquent les psychologues (et ma belle-belle-soeur est psy, je ne vous l’avais pas dit?). Ok, alors, euh, voyons voir… « NON, tu ne manges pas ton dessert avant le repas, NON, tu ne te couches pas tout habillé et NON, tu ne mets pas un pull jaune avec un pantalon violet » C’est bien, comme ça, messieurs et mesdames les psychologues?… J’ai bon, là?
Et ne me dites pas « non », je ne supporte pas ça!…

C’était ma participation aux « Jeudis de l’éducation » de Wondermômes
avec Papa blogeur et son camping à la maison
et le Monde de Vivi et le cocdodo à 4 ans.

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7 réflexions au sujet de « La liste des interdits (dire « non »: oui! Mais à quoi?) »

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  2. C’est clair que ce n’est pas évident, la liste sera plus ou moins longue selon les familles, et même si on est fatigué ou pas, elle évolue dans le temps selon le caractère et les capacités de l’enfant…

    • oui, la liste change, elle évolue, et quand on la compare à celles des autres, ça permet de se poser des questions et de l’ajuster: trop longue? trop petite?… je crois que « la bonne liste » n’existe pas 😉

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