« Tu me fatigues » : ces phrases destructrices qui n’en n’ont pas l’air.

Certains mots, certaines phrases peuvent réellement causer des dégâts. Non seulement pour celui qui écoute mais aussi pour celui qui parle. Et pourtant ce sont des phrases que l’on entend tous les jours sans y attacher de l’importance. Ce sont des façons de distordre la réalité pour lui faire dire des choses qu’elle ne dit pas (en vrai). On invente des causes, des significations, on croit tenir des preuves alors que si on y réfléchit d’un peu plus près, tout est FAUX (ou presque). S’en apercevoir est déjà un grand pas vers une communication plus bienveillante et surtout plus efficace 😉

Cause à effet

enfant dispute
Quand il se passe quelque chose on cherche un responsable. Que ce soit un verre cassé, une dispute entre frère et sœur, ou encore une émotion qui nous submerge: la colère, la frustration, l’impuissance… Et bien sûr, le responsable, c’est pas nous, c’est l’autre. C’est tellement plus pratique, n’est-ce pas? 😉
Ces phrases se présentent sous la forme: X cause Y. En PNL*, on les appelle des distorsions, car elles déforment la réalité.

 

C’est toi qui m’oblige à être désagréable! Qui me force à te punir!
Regarde ce que tu m’as fait faire!
Tu m’énerves, tu me fatigues!
Il me pousse à bout! J’en peux plus.

Récupérer son (vrai) pouvoir

dispute enfant parentEn général, ça ne donne pas du tout le résultat escompté, bizarre, non? 😉
L’enfant a qui on répète: « tu me fatigues » ne s’arrêtera pas pour autant (au contraire).
En plus, c’est lui donner un pouvoir qu’il n’a pas. Car, sache que personne n’a de pouvoir sur toi! (Incroyable, non?…)
Personne au monde n’a le pouvoir de t’énerver, de te pousser à bout ou quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs. C’est toi et toi seule qui peux donner ce pouvoir aux autres. Déjà, rien que de savoir ça, ça soulage… Et la preuve, c’est qu’à certain moment cette réaction n’est pas déclenchée (elle n’est donc pas automatique), ou qu’elle n’est pas déclenchée sur quelqu’un d’autre (donc l’enfant ne possède pas « ce pouvoir »).
C’est toujours moi qui décide de m’énerver quand un tel fait ceci ou cela (même si ce n’est pas conscient). Adieu le sentiment d’impuissance!… Adieu le sentiment d’être dépassée par les événements!…Et vive la liberté!…

Déresponsabiliser?

L’enfant qui entend ça, se retrouve dans un complet sentiment d’impuissance. On l’accuse de quelque chose dont il ne peut pas se défendre. C’est sa parole contre la nôtre. Et vu qu’on représente l’autorité, c’est forcément lui, le menteur. Ça a quand même quelques avantages d’être parent (je plaisante, bien sûr).

Ça lui apprend aussi qu’il n’est pas responsable de ce qu’il sent puisque sa propre mère, elle même, n’est pas responsable ce qu’elle sent.
Ensuite il aura tendance à dire: « J’ai eu une mauvaise note, c’est parce que le prof ne n’aime pas »… « Je l’ai tapé, mais c’est pas de ma faute, c’est parce qu’il l’avait cherché ».
Et un peu plus tard, ça donne: « Je suis malheureux à cause de ma femme, à cause de mes enfants, à cause de mon boulot, à cause de la société, à cause de la météo… » On peut en trouver des raisons d’aller mal!… Et après, ça devient une habitude de faire soi-même son propre malheur, comme l’a écrit Pierre Watzlawick: « faites vous-même votre propre malheur« . (Livre très drôle, en plus d’être intelligent et utile)
Le problème, c’est que tant qu’on refuse notre responsabilité, on se prive aussi de la possibilité d’améliorer les choses.
Alors que souvent il suffirait de faire n’importe quoi d’autre: « Faites n’importe quoi d’autre! »

Reprendre le contrôle

Assumer sa responsabilité, ça ne veut pas dire se sentir coupable car c’est encore une autre façon de ne rien changer.  (cf: ma vielle copine, la culpabilité)

Je peux reprendre le contrôle de ce qui se passe en moi simplement en me posant ces deux questions:
1. « Est-ce que cette émotion m’est utile?… Est-ce qu’elle m’aide à communiquer? »
2. « Quelle autre émotion je pourrais choisir à la place qui conviendrait mieux à ce que je veux? »

Ça parait simple et ça l’est.
Qui a dit que ça devait être compliqué? 😉

Crédit photo: © Gelpi © olly – Fotolia.com

*PNL: Programmation Neuro Linguistique

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16 réflexions au sujet de « « Tu me fatigues » : ces phrases destructrices qui n’en n’ont pas l’air. »

  1. Excellent article.
    Dans la même veine des phrases destructrices, j’apprends à mes enfants (et on essaie de se l’appliquer à nous aussi) à ne pas utiliser les mots « jamais » et « toujours ».
    « Tu n’es JAMAIS à l’heure », « Tu fais TOUJOURS des bêtises quand on doit partir… »
    C’est horriblement condamnatoire, à perpétuité et ce n’est pas du tout représentatif de la réalité.

    Bon voilà, j’ai mis mon ptit grain de sel 🙂
    Val

  2. Ces petites phrases peuvent avoir de grandes conséquences sur notre développement. Elles conditionnent bien plus que la responsabilisation, elle (de)forme ce que sera l’adulte en devenir.
    Il y a quelques temps déjà, j’avais écrit un article sur les messages contraignants reçus durant notre enfance et qui forment notre personnalité. Je crois que cela complète assez bien votre article en apportant la vision sur les résultats.
    Sabine PERNET Articles récents…Chèque Santé ® : prise en charge de vos consultations !My Profile

  3. Comme d’hab, super article.
    C’est tellement vrai, puis il faut VRAIMENT appliquer! Très important.

    Pour faire un monde meilleur il faut commencer pour faire de l’ordre chez soi!!! Car si on n’est pas bien (victime entre autres) on ne peux pas aider et pus encore apporter des choses aux autres!
    Beaucoup de succès à toi Valérie avec ton projet!
    Renata Articles récents…#20 Atelier Créatif >> Weekly Drawing ChallengeMy Profile

  4. J`adore…on sait, on se sent coupable et puis on aime se faire remettre à l`ordre pour tenter d`abolir nos faux-plis! J`aimerais beaucoup vous entendre sur le charmant sujet des répétitions! Comment les éviter sans systématiquement en venir à la menace! Au plaisir!!!!

    Marie-Ève, maman de Malaika(7 ans) et Ezam(2 ans)

  5. Les mots sont vraiment puissants. J’essaye le plus possible de ne pas systématiser certaines phrases qui pourraient avoir un impact négatif sur mon enfant. Quand j’étais moi même plus jeune, j’étais très sensible à ce qu’on pourrait me dire surtout de la part de parents qui témoignaient très peu d’amour mais bon on peut aussi s’en sortir 🙂

  6. Je suis la seule que ça choque de lire le terme « destructrice » ? Je comprends bien tout le problème de ces phrases et ce qu’il serait préférable de faire en tant que parent mais si on essayait de tempérer un peu les termes employés pour nous aussi ce serait pas mal. Parce que merde alors, si je manque un peu de confiance en moi je serai tentée de croire que si un jour je dis à mes enfants « tu me fatigues », je risque de détruire quelque chose en eux… arghhhh

    Merci pour ce partage enrichissant et pensons aussi bien aux enfants qu’au parents en employant les bons termes 🙂

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